Histoire des origines

Les grandes figures fondatrices des théories et des pratiques des groupes, du psychodrame et de la thérapie familiale psychanalytique en France sont : André Ruffiot, Didier Anzieu, René Kaës et d’autres dont nous allons évoquer les premiers travaux entre les années 60 et 90.

André Ruffiot
André Ruffiot

André Ruffiot

Psychanalyste, professeur émérite en psychopathologie clinique à l’UFR Sciences de l’Homme et de la Société, Grenoble2, présente sa thèse de doctorat de 3e cycle en psychologie clinique en 1979 intitulée Thérapie psychanalytique de la famille.

    • Il publie en 1980 : Technique analytique de traitement du groupe familial
    • et un article essentiel en 1981 : Le groupe famille en analyse – L’appareil psychique familial dans la thérapie familiale psychanalytique
    • dans un ouvrage collectif chez Dunod, de la collection Inconscient et Culture dirigée par René Kaës et Didier Anzieu : La thérapie familiale psychanalytique. Il propose une description de la technique de la thérapie familiale psychanalytique, un cadre analytique pour la famille avec ses règles et pose les indications. Selon l’auteur, l’appareil psychique familial, en résonance avec la notion d’appareil psychique groupal de R. Kaës, a comme fonction essentielle de contenir les psychismes individuels. Il est la fonction alpha de la mère, partagée par tous les membres de la famille.
    • Paraît en 1981 : Appareil psychique familial et appareil psychique individuel, hypothèses pour une onto-éco-génèse in Dialogue 72, de l’A.F.C.C.C., et Le pouvoir absolu : l’imago des parents combinés ou l’anti-scène primitive, in Dialogue 73, A.F.C.C.C.
    • Il publie en 1982 : Le holding onirique familial in Génitif et La thérapie familiale. Pourquoi ? in Dialogue n°75 et Les mécanismes de défenses familiaux avec F Aubertel in Dialogue 75.
    • Il soutient une thèse de doctorat d’état ès lettres et sciences humaines en 1983 : Thérapie familiale psychanalytique et ses développements à Grenoble 2.
    • Il publie en 1983 : La thérapie familiale psychanalytique ou la réinscription du vécu originaire in Bulletin de Psychologie n° 363
    • et, toujours chez Dunod, en 1984 Le couple et l’amour de l’originaire au groupal dans un ouvrage collectif : La thérapie psychanalytique du couple. Il propose alors L’amour comme illusion de deux corps pour une psyché unique.
    • En 1985, Originaire et imaginaire le souhait de mort collective en thérapie familiale psychanalytique, in Gruppo, 1, aux éditions Apsygée, Clancier-Guénaud.
    • En 1988, La théorie classique de la psychose et ses impasses, une perspective de compréhension groupale, in Gruppo 4, aux éditions Apsygée, Clancier-Guénaud.
    • En 1990, Holding onirique familial, in Gruppo 6, Ed. Aspsygée.

Dans de nombreux articles, il expose la notion de mythopoïèse familiale et celle de  » holding onirique familial  » en thérapie familiale psychanalytique. Il dirige de nombreux travaux universitaires, DEA et thèses autour de la thérapie familiale psychanalytique. Il est membre fondateur et membre d’honneur de la Société Française de Thérapie Familiale Psychanalytique.

De nombreux psychanalystes de l’école française travaillent à cette époque sur le groupe, le psychodrame, le couple et la famille et publient un certain nombre d’ouvrages.

Didier Anzieu
Didier Anzieu

Didier Anzieu

  • dès 1958 : Le psychodrame analytique chez l’enfant  au PUF,
  • en 1968 : La dynamique des groupes restreints,
  • en 1971 : L’illusion groupale dans la NRP n°4,
  • en 1974 : Le moi peau dans la NRP n° 9,
  • en 1975 : Le groupe et l’inconscient chez Dunod.

Ce dernier ouvrage est la clef de voûte de toutes les recherches et travaux sur les phénomènes de groupe. L’œuvre scientifique de Didier Anzieu est reconnue dans le monde entier, mais il ne faut pas oublier son œuvre littéraire qui reprend sur un mode poétique et souvent humoristique la plupart de ses concepts (voir notamment  » Les contes, l’amour, la mort, l’humour  » in Portrait d’Anzieu in Groupe, Hommes et Perspectives : Journal des Psychologues, 1992).  » J’ai reçu, j’ai transmis. Je me sens quitte envers ceux qui m’ont donné. Soyez quitte à votre tour de la même façon que moi  » dit-il au cours d’une journée qui lui est consacrée. Dans les années 1988 A M Blanchard et G Decherf co-animent un psychodrame avec Didier Anzieu

René Kaës
René Kaës

René Kaës

  • en 1972 : Les séminaires analytiques de formation
    in Le travail psychanalytique dans les groupes chez Dunod
  • en 1976 : L’appareil psychique groupal chez Dunod
  • en 1979 : Introduction à l’analyse transitionnelle
    in Crise, rupture et dépassement chez Dunod
  • en 1986 : Filiation et Affiliation
    in Gruppo 1 etc.

L’auteur a beaucoup travaillé avec Didier Anzieu et son œuvre importante est dans la même lignée.

Alberto Eiguer
Alberto Eiguer
Président de la STFPIF
1998-2001

Alberto Eiguer

  • en 1978 : La prise en charge des familles dans un hôpital de jour.
  • En 1980 : Méthodologie de l’interprétation en TFP dans la revue Psychiatrie.
  • En 1981 : Contribution psychanalytique à la théorie et à la pratique de la psychothérapie familiale avec D. Litovsky de Eiguer in La thérapie familiale psychanalytique chez Dunod.
  • En 1983 : Un divan pour la famille chez Le Centurion
  • En 1987 : La parenté fantasmatique, Transfert et contre-transfert en T.F.P, Paris Dunod. Etc.

E. Granjon

  • En 1976 A propos de trois cas de psychothérapie familiale.
  • En 1982 Violence et fantasme en TFP
  • En 1986 L’enveloppe généalogique de la famille, in L’œuvre ouverte, Autour du concept de moi-peau et des travaux de Didier ANZIEU, Actes des Journées du C.O.R., Hôpital J. Imbert, Arles.
  • En 1987 Traces sans mémoire et liens généalogiques dans la constitution du groupe familial, in Dialogue, n° 98.
  • En 1987 La thérapie familiale psychanalytique : un processus de réétayage groupal, in Dialogue, n° 98.
  • En 1987 Des objets bruts aux objets de relation, in Après Winnicott, Actes des Journées du C.O.R., Hôpital J. Imbert, Arles.
  • En 1989 Transmission psychique et transfert en thérapie familiale psychanalytique, in Gruppo, n° 5, Ed. Apsygée.
  • En 1990 Alliance et aliénation : ou les avatars de la transmission psychique intergénérationnelle, in Dialogue, n° 108.
  • En 1990 Les voix du silence, in R.P.P.G., n° 15.
tisseron
Serge Tisseron
Président de la STFPIF
1995-1998

Serge Tisseron

  • en 1985 Tintin chez le psychanalyste</strong>. Nombreux de ces écrits vont d’abord traiter du secret dans la famille, de la honte et du transgénérationnel.
  • En 1986 Généalogie, honte et transfert, in Mémoire, transmissions psychiques, transfert. Acte du colloque inter-universitaire à Paris avec Fédida et Guyotat et La main, le mot et le fantôme in Cahier de l’IPC
  • En 1990 Tintin et les secret de famille chez Seguier
decherf
Gérard Decherf
Président de la STFPIF
2001-2005

Gérard Decherf

Participe dès 1968, aux recherches d’A. Ruffiot qu’il a rencontré pendant ses études universitaires.

  • Il publie en 1976, Les aspects spécifiques du groupe d’évolution pour enfants in Perspectives Psychiatriques
  • En 1981 Œdipe en groupe chez Clancier-Guénaud

Jean-Pierre Caillot et Gérard Decherf

  • En 1982 : Le travail du psychanalyste dans la Thérapie familiale d’inspiration psychanalytique in RFP n°2 et encore en 1982 Thérapie familiale psychanalytique et paradoxalité chez Clancier-guénaud
  • En 1984 Le cadre de la thérapie familiale psychanalytique in RFP n°6
  • En 1985 La position narcissique paradoxale in GRUPPO n°1 et <strong>Couples, familles et défenses perverses in Gruppo
  • En 1988 Le couple anti famille, la famille anti couple, le fantasme d’auto engendrement in GRUPPO n°4
  • et un livre de base en 1989 Psychanalyse du couple et de la famille aux éditions Apsygée, ouvrage dans lequel sont déjà décrits le cadre et la clinique du psychodrame familial.

Paul-Claude Racamier

  • en 1961, La mère et l’enfant dans les psychoses du post partum in Evolution psychiatrique n°26
  • En 1976, Rêve et psychose : rêve ou psychose
  • En 1978 Les schizophrènes chez Payot
  • En 1989 Antoedipe et ses destins aux éditions Apsygée

Serge Lebovici (1918-2000)

    Propose de nouvelles techniques de soins : le groupe-analyse, le psychodrame individuel, les entretiens familiaux, le soin et l’observation mère-bébé. Il a reconnu dans le transgénérationnel une voie prometteuse pour le soin de la prime enfance, la thérapie familiale et la psychanalyse d’adultes. Il fut l’un des premiers à en parler. L’idée d’arbre de vie a été le fruit de ces observations : une révision de la généalogie en soulignant le pouvoir identifiant des membres de la famille.

Jean-Claude Rouchy

  • En 1986 Une topique groupale, W.R.Bion et le groupe R.P.P.G.

Francine André

  • En 1986 :  » L’enfant insuffisamment bon en T.F.P.  » P.U.F

Claude Pigott

  • En 1988 La résonance fantasmatique in GRUPPO n°4 , Editions Apsygée

Jean Lemaire

  • En 1988 Le couple sa vie sa mort in Payot

Missenard

  • En 1972 Identification et processus groupal in Le travail psychanalytique dans les groupes chez Dunod

J.B. Pontalis 

  • En 1968 Rêve dans un groupe in Le travail psychanalytique dans les groupes chez Dunod

A.Bejarano

  • En 1972 : Résistance et transfert dans les groupes in Le travail psychanalytique dans les groupes chez Dunod

Pratiquement tous ces auteurs prolongeront leurs travaux après 1990 et sont des grandes figures de la TFP de nos jours. Il y a beaucoup d’autres ouvrages sur la famille depuis 1990 et de nouvelles écoles et institutions se sont dégagées.
A l’étranger des psychanalystes font aussi des recherches sur le groupe famille :

En Argentine

Enrique Pichon Rivière (1907,Genève-Suisse/1978,Buenos Aires-Argentine)
Dans les années 1950-60, il commence ses recherches dans le domaine de la thérapie familiale psychanalytique. Son travail à l’hôpital psychiatrique le conduit à proposer que la psychose chez un membre de la famille est un émergent qui implique tout le groupe familial. C’est pourquoi il considère que le délire que construit un membre de la famille doit donc se comprendre comme une tentative d’expression d’un conflit intrapsychique et intersubjectif. Suivant les idées de l’école anglaise (Meltzer), il soutient l’hypothèse dynamique que dans tout processus de maladie mentale, il y a un dépositaire de la maladie, le patient, qui fonctionne comme un porte-voix du groupe familial ; celui-ci étant le déposant des fantasmes. Puis il commence à élaborer sa théorie du lien : espace de passage entre l’intrapsychique et l’intersubjectif. Et entre 1960-1978, Pichon Rivière définit le sujet humain comme « émergent » qui prend forme dans une trame complexe où s’entremêlent le lien, en tant que relation bi-corporelle et tri-personnelle, et le groupe comme réseau de liens. Pour lui, il n’existe pas de groupe sans tâche ; la tâche constitue un organisateur groupal tant au niveau latent qu’au niveau manifeste. La tâche explicite ou manifeste en question dépend du champ opératif du groupe. La tâche latente, la structure groupale et le contexte dans lequel tâche et groupe forment une équation, source de fantasmes inconscients, suivent le modèle primaire du déroulement du groupe interne. (Informations fournies par A.Eiguer qui a commencé ses recherches sur la famille en Argentine)

L’école anglaise est particulièrement riche. Outre les apports fondamentaux de M.Klein qui concernent surtout les relations entre la mère et l’enfant, il faut citer W.R.Bion (1962, Aux sources de l’expérience), D.W.Winnicott (1960, la théorie de la relation parent-nourrisson, 1971, Jeu et réalité, l’espace potentiel) et, plus récemment D.W.Meltzer (1987, le conflit esthétique, son rôle dans le développement psychique de l’enfant)

Anne-Marie Blanchard
Anne-Marie Blanchard
Leprince
Christine Leprince
Roland Sefcick
Roland Sefcick

Histoire de la Société Française de Thérapie Familiale Psychanalytique

Dans la continuité de ces travaux et recherches, sur l’initiative d’Evelyn Granjon et de Gérard Decherf, un groupe de réflexion sur la Thérapie Familiale Psychanalytique se constitue au cours du dernier trimestre 1994,. Il était composé initialement de : A.M.Blanchard, E.Granjon, A.Ciavaldini, G.Decherf, A.Eiguer et S.Tisseron. Les premières réunions se sont tenues dans les locaux professionnels de G.Decherf et très rapidement elles ont eu lieu au siège de Médecins du Monde dont B.Granjon était président, pour donner un caractère institutionnel et peut-être déjà international aux créations envisagées. Ce groupe a donné naissance en 1995 à la Société Française de Thérapie Familiale Psychanalytique (S.F.T.F.P.) dont E.Granjon a été la première présidente, A.Ruffiot, fondateur de la T.F.P. étant président d’honneur.

Le but était d’affirmer, soutenir, défendre et promouvoir le caractère spécifique et éthique de la T.F.P. tant sur le plan clinique que théorique. Il s’agissait donc, notamment, de regrouper les professionnels de la santé exerçant comme thérapeutes familiaux, de définir les concepts et la technique, de recenser les travaux, de promouvoir la profession et de la faire connaître par des publications, des manifestations, des congrès etc. Toutefois, l’association n’avait pas pour but de former les thérapeutes familiaux, ce travail étant réservé à des associations régionales existantes ou à créer. Les premiers fondateurs sont : F.Aubertel, M.Baraband, P.Benghosi, A.M.Blanchard, A.Ciavaldini, P.Cuynet, G.Decherf, J.P.Dumont, A.Eiguer, F.Fustier, I.Gambini, E.Grange, E.Granjon, R.Jaitin, C.Joubert, C.Leprince, G.Mevel, A.Ruffiot, O.Ruiz-Corréa, B.Savin, R.Sefcick, S.Tisseron, C.Vachaud. Parmi les principales réalisations citons Le Divan Familial revue très appréciée qui est déjà à son 13ème numéro, le premier Congrès international à Paris en Mai 2004, les journées internes de recherche…

 

Jean-Pierre Dumont
Jean-Pierre Dumont
Président de la STFPIF
2005-2008
Elisabeth Darchis
Elisabeth Darchis
Présidente de la STFPIF
2008-2011
Chantal Diamante
Chantal Diamante
Présidente de la STFPIF
2011-2014

Histoire de la Société de Thérapie familiale Psychanalytique d’Ile de France
Parallèlement fut créée la Société Familiale Psychanalytique d’Ile de France (S.T.F.P.I.F.) Les buts et les moyens de cette association sont les mêmes que ceux de la société nationale, mais en plus avec la mission spécifique d’assurer la formation de thérapeutes familiaux. Le programme de cette formation figure en partie dans le présent site et, de façon plus détaillée, dans une plaquette d’une dizaine de pages qui peut être envoyée à toute personne intéressée. Une liste des principaux ouvrages sélectionnés est remise aux membres en formation. Les fondateurs de l’Association d’Ile de France sont : A.M.Blanchard, C.Diamante, C.Leprince, G.Decherf, J.P.Dumont, A.Eiguer, N.Khoury, B.Michel, A.Ruffiot, R.Sefcick, S.Tisseron. Il y a une dizaine d’autres associations ou centres régionaux situés à : Aix, Albi ; Amiens, Besançon, Bordeaux, Bretagne, Grenoble, Lille, Lyon, Metz, Tours

Les thérapeutes familiaux ont une identité commune fondée sur une formation psychanalytique individuelle, une formation groupale notamment avec la participation à un psychodrame qui complète la formation individuelle et permet, en outre, de mieux cerner le fonctionnement groupal et le fonctionnement familial. De plus et dans la mesure du possible, une co-thérapie familiale peut être proposée aux membres en formation qui n’ont pas encore la possibilité de pratiquer des thérapies familiales psychanalytiques et qui, du même fait, ne peuvent pas accéder aux supervisions. Parmi les réalisations de la S.T.F.P.I.F. citons principalement : la réalisation d’un colloque annuel (celui de Janvier 2005 portera sur les crises dans la famille et dans l’institution), la création du Centre de thérapie familiale Didier Anzieu, les conférences de Ste Anne, les groupes de recherche, les ouvrages collectifs tels que l’Intermédiaire, (bulletin intérieur), La fête de famille, Les crises familiales. Un nouveau cycle de formation centré sur l’écoute familiale et sur l’analyse des pratiques, destiné aux professionnels de la santé qui ne désirent pas devenir thérapeutes familiaux vient également d’être mis en place. Etc.